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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 08:41

La jeune association citoyenne du Pays de Racan organisait mardi soir, à la salle multimédia de Saint-Paterne-Racan, un « apéropol » sur invitation pour un premier débat/apéro, car comme le souligna l’un des membres actifs de l’association : «  Les choses se précipitent sur l'éventuelle fusion de notre Communauté de Communes avec celle de Gâtine Choisilles. Nous avons besoin d'échanger, de débattre de cette question. »
Une bonne trentaine de personnes avait répondu à l’invitation et des élus de trois des dix communes de la CCPR y étaient présents. Pour Saint-Paterne-Racan, Jean-Pierre Poupée, maire était là en compagnie de plusieurs autres adjoints et conseillers municipaux, Neuvy-le-Roi était représenté par Paule Haslé, première adjointe. Le seul élu de Saint-Christophe était là à titre personnel.

Laurent Beaufrère, président de l’association, ouvrit la séance en ces termes : « Je vous remercie de votre présence. Je constate que beaucoup de personnes se mobilisent autour de ce projet de fusion non voulue et les effets néfastes qu’elle porte pour tous les citoyens de notre territoire. Cette soirée-débat est organisée pour parler de cette mesure imposée. Je vais tout d’abord donner la parole aux élus. »

Paule Haslé prit le micro et d’emblée se dit « déçue et dépitée. Je suis contre cette annexion, il n’y a pas d’autre mot, proposée par le préfet. La CC Gâtine-Choisilles n’avait pas 15 000 habitants en 2013, mais, à ce jour, elle les a. Actuellement, il n’y a aucun projet commun entre les deux communautés de communes. De plus, je suis outrée par le fait que 4 collègues élus démocratiquement en tant que conseillers communautaires en 2014 vont avec cette annexion, être démissionnés. C’est une attaque contre la démocratie. Quand on le fait remarquer au préfet, il répond : « Vous n’êtes pas très responsables. Il faut prendre le train de la métropole qui va voir le jour. » Personnellement, je ne vois pas ce que l’on va gagner avec cette fusion mais je vois très nettement ce que l’on va y perdre : la ZRR (zone de revitalisation rurale) et son atout économique, la possibilité de comptabiliser les enfants de 2 ans inscrits à l’école, l’attractivité de notre territoire pour les entreprises. Si l’on applique la loi NoTRE, la CCPR avec moins de 24 habitants/km² n’a pas besoin de fusionner avec une autre collectivité. Dans ce contexte, la municipalité de Neuvy-le-Roi ne présentera pas de candidat et se place en position d’opposition à la fusion. »

Jean-Pierre Poupée lors de son intervention

Jean-Pierre Poupée lors de son intervention

Jean-Pierre Poupée, maire de Saint-Paterne, s’exprima à son tour : « Je suis tout à fait d’accord avec Paule sur le fond. Nous avons une réunion demain soir. Je pense que nous n’élirons pas de candidat. Pour l’instant, il n’y a rien de concret pour les communes de plus de 1000 habitants. Mais, si je suis élu, je ne  compte pas pratiquer la politique de la chaise vide. Ma commune a 1700 habitants aussi, je ne tiens pas à laisser les personnes d’à côté gérer la politique à leur guise. Cette fusion ne nous est pas favorable et comme Paule, je maintiens que les démissions forcées sont inadmissibles. Nous devons être tous solidaires.»

Une des personnes invitées demanda : « Pouvez-vous nous rappeler la situation précise à ce jour ? »

« L’arrêté devrait être signé normalement jeudi. Tout lemonde est dans l’attente de ce qui va se passer au niveau de la Métropole. Six communes de Gâtines-Choisilles souhaitent rejoindre la Métropole mais, si la fusion est provoquée pour la Métropole, tout est à refaire.

Plusieurs présentations de fusion avaient été envisagées mais toutes ont été refusées pour différentes raisons ce qui a amené le préfet à la solution actuelle. Philippe Briand, président de Tours plus, rencontré par des élus de Gâtine-Choisilles ne s’est pas montré très chaud pour intégrer la nouvelle CC dans la future Métropole. Par conséquent, Gâtine-Choisilles ne veut plus de la fusion avec la CC Pays de Racan. »

Philippe Guitton, conseiller municipal de Saint-Christophe précisa : « Il faut rappeler que les élus de Gâtine-Choisilles avaient voté à l’unanimité pour la fusion et que maintenant, ils se rétractent. Les membres du bureau ont adressé un courrier unanime pour confirmer qu’ils ne veulent plus de la fusion. Il en a été de même pour la CCPR. Mais, la CDCI (commission départementale de coopération intercommunale) confirme que la fusion de Louestault et de Beaumont ne remet pas en cause celle des communautés de communes et que notre action met en péril la sécurité juridique du projet ! »

Un public très intéressé par ce débat
Un public très intéressé par ce débat

Un public très intéressé par ce débat

Voici maintenant la teneur de quelques échanges :

« Si notre cas fait jurisprudence sur le territoire, ça risque d’exploser dans le département car beaucoup de fusions ont été imposées.

Lors de réunions entre les deux communautés de communes, il n’a jamais été question de projets mais seulement de gouvernance, une gouvernance très politique qui ne tient pas compte des intérêts des communes.

Pour la CCGC, c’est impossible de travailler avec nous car d’après eux, on voulait leur imposer une charte.

Le préfet a une feuille de route qu’il doit remplir et après, il part.

« Si Racan ne veut pas siéger, la nouvelle entité pourra quand même siéger » nous a dit la directrice des services de la préfecture.

Il faut être conscient qu’avec la fusion, nous allons perdre des services de proximité. Dans notre secteur, nous sommes confrontés à beaucoup de misère et c’est grâce à la proximité que nous pouvons apporter de l’aide.

Nous, élus, nous connaissons notre territoire et nous voulons faire au mieux pour garder les services qui sont nécessaires à la vie.

 Éric Lapleau, conseiller municipal, membre de l’association citoyenne, intervint alors : « Je ne suis pas forcément d’accord sur tout. Nous n’avions pas reçu de mandat pour dissoudre la CCPR dans une autre entité. Retournons-nous vers la population. Donc, au départ, je me suis abstenu. Si nous restons sur la loi NoTRE, nous n’avons aucune obligation de fusionner. Le souhait aujourd’hui, c’est de faire des structures de plus en plus grosses. Mais, il faut se demander qu’est-ce qu’un bon projet ?  C’est celui qui peut intéresser plusieurs territoires et pour le mener à bien, il faut trouver les périmètres favorables et passer des conventions.

Le préfet nous a dit un jour : « Vous n’avez rien à gagner avec la fusion. Mais si vous la refusez, vous serez responsables de beaucoup de choses et redevables devant vos concitoyens le jour où la Métropole sera créée. »

De nouveau quelques remarques fusent parmi l’assistance :

Je pense que c’est un nouvel aménagement des territoires qu’on veut nous imposer.

C’est un enjeu d’aménagement et de société.

Moi, à mon avis, il faut aller en justice.

La ruralité coûte trop cher, il faut la supprimer et privilégier les métropoles.

Laurent Beaufrère reprit le micro pour arriver à une conclusion :

Quelle suite donne-t-on à notre action ?

  • démission,
  • élus fléchés en retenir 2 par communes de plus de 1000 habitants,
  • trouver un système de blocage administratif
  • Faire de la résistance et laisser le préfet nommer les gens. Cette idée fait son chemin mais j’ai une crainte en voyant que ce soir il manque un maire d’une commune de plus de 1000 habitants (remarque de Jean-Marc Chahinian).
  • Adresser une lettre ouverte à la presse
  • Mobiliser les citoyens en présentant les pour (s’il y en a) et les contre pour qu’ils se déterminent
  • Référendum
  • Mener une action en justice après la décision de fusion prise par le préfet financée par le conseil communautaire
  • Les conseils municipaux peuvent décider de ne pas nommer de représentants, d’adresser une lettre au préfet

Voici les conclusions que l’on peut tirer de ce débat très animé et intéressant avec ces quelques réflexions :

« Est-ce que nos seules armes c’est de dire on n’y va pas ? On fait la politique de la chaise vide ? Si nous arrivons à organiser une action de masse avec nos concitoyens, on pourrait peut-être faire bouger les choses. Ce qui est sûr, c’est que ce ne serait pas très apprécié en haut lieu. »

La priorité qui s’est dégagée de ces deux heures de débat, c’est de résister au préfet en exerçant une pression pour qu’il ne signe pas cette fusion avant le 31 décembre et pour cela, il faudrait qu’il y ait des éléments nouveaux par rapport à la Métropole.

 

Rejoignez l’association citoyenne du Pays de Racan

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Published by ROYER Monique - dans politique
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commentaires

Anne 15/12/2016 17:36

Merci de votre compte-rendu dont le premier intérêt est d'avoir connaissance de cette réunion passée.
Une association qui "mobilise" sur invitation, étonnant non ? Un débat volontairement à "huis clos" ????
Une démarche qui, pour le moins, interroge le concept de Démocratie !....

ROYER Monique 16/12/2016 16:17

Le principe d'un « Apéropol », c'est que c'est un Apéro où on aborde un thème politique, convivial et gratuit, c'est sur invitation pour des questions évidentes de logistique et de coût. ( Chaque adhérent est libre d'inviter un groupe d'amis.)

Maintenant que l'association dispose d'une assurance ad hoc, nous pourrons également organiser des réunions publiques, chaque chose en son temps.

N'hésitez pas à vous faire connaître, à proposer une thématique, à participer au débat via le blog www.paysderacan.info. et à adhérer à l'Association Citoyenne du Pays de Racan.
Réponse faite par Éric Lapleau

julien 14/12/2016 11:05

Force de constater l'absence du maire de Saint Christophe ou de un ces adjoints.... est ce normal?
Merci Monsieur Guitton pour votre engagement à titre personnel.

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Bienvenue à Saint-Christophe-sur-le-Nais

L'histoire de St Christophe commence aux environs de l'an mil. A cette époque, les seigneurs d'Alluye y établissent une forteresse (motte féodale) visible dans l'enceinte du cimetière. Au XIe ou XIIe siècle, un donjon en pierres est alors construit et ses ruines témoignent de l'histoire du village.

 

Ce dépliant, disponible en mairie, permet de visiter la cité et de découvrir le riche passé de notre commune.
Ci-dessous, le coeur du village, la place Jehan d'Alluye.
 


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