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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 08:37
Un public très intéressé par le sujet
Un public très intéressé par le sujet

Un public très intéressé par le sujet

Pour la troisième année, la Direction déléguée du livre et de la lecture publique de Touraine, proposait en partenariat avec les bibliothèques d’Indre-et-Loire, un cycle d’animations gratuites autour d’un sujet propice aux échanges : l’exil. La bibliothèque de Saint-Paterne a souhaité s’associer à ce projet et, son animatrice, Nicole Milon, a concocté une soirée en trois parties : des lectures en partenariat avec la maison des écritures de Neuvy-le-Roi, le récit du parcours d’un exilé vivant sur la commune et pour terminer, la présentation de l’association « Familles solidaires de Touraine ».

Lecture de textes d'Ahmed Kalouaz

Lecture de textes d'Ahmed Kalouaz

Lectures avec la MDE

La lectrice a choisi de présenter quelques pages d’un livre d’Ahmed Kalouaz, racontant la vie de son père, vie qui fait écho à celle de nombreux Algériens. Cet auteur est né en 1952 à Arzew en Algérie. Quelques mois plus tard, sa famille s'installe en France où le père travaille déjà. Du parcours d'Ahmed Kalouaz, on ne sait pas grand chose sinon ce qu'il en dit lui même : "Cette vie avance, et un jour on se dit que l'on écrit. Et puis par hasard, cela intéresse deux ou trois personnes, un cercle d'initiés, ça donne du plaisir ou de l'émotion.  On écrit, mais il est aussi important de respirer, de courir ou d'aimer. Il paraît que de tant marcher et tant aimer naissent les livres. Ils naissent alors, mais on avait oublié que le plus important pour un livre, c'est de vivre". Il sera en résidence à la Maison des écritures en septembre.

Les déboires avec l'informatique
Les déboires avec l'informatique

Les déboires avec l'informatique

Le parcours de Thomas Teclu

Thomas Teclu avait préparé un support informatique pour relater son histoire mais, malheureusement il n’a pu l’utiliser faute de compatibilité entre les supports malgré plusieurs essais.

La carte de cette région d'Afrique

C’est donc face au public venu nombreux qu’il raconta son passionnant parcours.

Thomas Teclu est né en 1956, à Asmara en Érythrée, sous le régime éthiopien de l’empereur Hailé Sélassié. À 16 ans, il arrête ses études et part rejoindre un groupe de rebelles du FLE (front de libération de l’Érythrée) créé en 1961 mais qui a vu apparaître une scission dans les années 1970 : le FLE d’un côté et le Front Populaire de Libération de l’Erythrée (FPLE), groupe laïc et de tendance marxiste dirigé par Issayas Afeworki, que Thomas Teclu rejoindra par la suite. Ne supportant pas la dictature, il quitte son pays à l’âge de 17 ans, passe par le Soudan où il fait une demande d’asile et se retrouve dans un camp avec des prisonniers du FLE. En novembre 1981, plusieurs prisonniers ayant été exécutés dans la nuit, il décide de s’évader avec 4 personnes. Ils rencontrent des Soudanais « bien placés » et obtiennent une carte d’identité qui leur permet de travailler pendant 4 ans.

Renonçant au support informatique, M. Teclu utilise son document papier
Renonçant au support informatique, M. Teclu utilise son document papier
Renonçant au support informatique, M. Teclu utilise son document papier

Renonçant au support informatique, M. Teclu utilise son document papier

Mais le Soudan devient instable aussi, il cherche à obtenir des visas pour l’Europe. Il achète un faux passeport éthiopien et des visas pour l’Allemagne et la France. Il embarque pour Le Caire où il passe 8 jours puis pour Francfort mais son visa est périmé, les Allemands veulent le renvoyer et le remettent dans l’avion. Heureusement son visa pour la France était encore valide et, la police française mise au courant est venue l’interroger. C’était les 14 et 15 août 1985. Il s’est expliqué et a obtenu une réponse favorable du ministère de l’Intérieur. Il a d’abord été accueilli dans un foyer à la Défense avant d’être envoyé à Alençon pour 6 mois. Il a commencé à apprendre le français, puis ce fut Tours où il continua son apprentissage de la langue pendant 3 mois à l’Institut et passa 9 mois à la fédération des Compagnons où il apprit la taille de pierre et fut ensuite embauché dans l’entreprise Baillereau (1er avril 1988) où il devint responsable de chantier. Entretemps, il a vécu un vrai cauchemar. Le 11 février 1986, on lui donna un mois pour quitter le pays. Il fit un recours auprès du préfet, obtint le secours de ses amis, de son employeur, d’associations et de la mairie de Fondettes. Finalement le préfet accepta qu’il reste comme émigré car, comme il l’a répété : « Si l’on me renvoie dans mon pays, je suis mort ! »

Tout en travaillant, il a repris des études au lycée Chaptal de Tours et à la faculté catholique de Lille. Maintenant il est responsable de chantier pour le groupe Eiffage. Il a voulu obtenir la nationalité française, mais cela n'a pas été facile, en effet il lui fallait un extrait de naissance, mais comme il a fui son pays il ne pouvait pas l'obtenir. Alors il a fait plusieurs fois les démarches grâce au soutien de son employeur, d'amis et d'associations. Il a pu enfin obtenir la nationalité Française en 2004. Il a toujours travaillé et payé son loyer, et pense que « c'est à moi de m'intégrer et non pas d'attendre des aides, il faut aller vers les gens». Ce qu’il a su faire depuis qu’il est installé avec sa famille à Saint-Paterne où ils sont bien appréciés. Il a toujours de la famille en Érythrée avec qui il a des contacts, mais malheureusement ses quatre enfants ne connaissent pas son pays d'origine. Il souhaite pouvoir un jour le leur faire découvrir, mais actuellement ce serait trop dangereux. Pour lui « c'est une chance de vivre en France, et heureusement, j’ai toujours été en bonne santé ».

Les représentantes de Familles solidaires face au public

Les représentantes de Familles solidaires face au public

Familles solidaires

Enfin Mme Marie Bachelet, éducatrice spécialisée au sein de l'association familles solidaires ainsi qu'une jeune fille en service civique présentèrent l'association qui œuvre en Indre-et-Loire. Cette association recherche des familles pouvant accueillir des réfugiés afin de faciliter leur intégration.

Mme Bachelet rappelle que, depuis soixante-dix ans, l’association propose « un accueil inconditionnel de tous ceux qui se trouvent en situation de fragilité».

Ensuite il y eut des échanges avec le public conquis et impressionné par le parcours et le courage de Monsieur Teclu. Une soirée qui peut, espérons-le, changer le regard de certains sur toutes ces personnes qui ont fui leur pays pour des causes très diverses mais jamais par plaisir !


 

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Published by ROYER Monique - dans solidarité
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  • Retraitée de l'Éducation Nationale, restée très active, aime parler et faire parler de ma commune de résidence et faire partager mes diverses découvertes.
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L'histoire de St Christophe commence aux environs de l'an mil. A cette époque, les seigneurs d'Alluye y établissent une forteresse (motte féodale) visible dans l'enceinte du cimetière. Au XIe ou XIIe siècle, un donjon en pierres est alors construit et ses ruines témoignent de l'histoire du village.

 

Ce dépliant, disponible en mairie, permet de visiter la cité et de découvrir le riche passé de notre commune.
Ci-dessous, le coeur du village, la place Jehan d'Alluye.
 


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