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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 08:22

Comme nous l’avions signalé, le campanile, offert par Eugène Hilarion, qui orne depuis plus de cent ans le toit de l’hôtel de ville de Saint-Christophe-sur-le-Nais, présentait quelques faiblesses qui nécessitaient une intervention de la part de spécialistes. Après le lancement des appels d’offres, c’est l’entreprise Martineau et fils, de Saint-Paterne-Racan, qui avait été retenue pour un montant de 45 000 € subventionné à hauteur d’environ 50%. Comme le souligna Pascal Martineau : « Il était grand temps de le refaire. La charpente était très fragilisée et le campanile prêt à tomber ! »

 Début juin, un échafaudage fut installé et les travaux sur place débutèrent : démontage et dépose de l’ancien ouvrage endommagé avant la restauration et la pose des nouveaux éléments de charpente et d’ornementation.

L’entreprise Martineau est bien connue pour ses très nombreux apprentis qui obtiennent des médailles d’or et d’argent aux différents concours de MAF que ce soit en charpente, couverture ou zinguerie. Ce travail d’art fut l’occasion pour trois de ces apprentis MAF de mettre en pratique leur savoir-faire sous l’œil attentif et bienveillant de leurs maîtres Pascal et Thomas Martineau.

Une grosse partie du travail a été effectuée dans les ateliers d’art de Château-du-Loir notamment pour la zinguerie. Ce sont Nolan Poirrier et Quentin Hugon qui sont titulaires pour le premier de 6 médailles d’or et pour le second de médailles d’or et d’argent qui se sont attelés à la tâche.  Côté charpente, c’est Antoine Coumoul, médaillé d’argent, qui a été chargé de reprendre le dôme et les portiques.

« Toutes les pièces de zinguerie ont été faites dans nos ateliers puis assemblées sur place par Nolan et Quentin. Le dôme réalisé par Antoine sera recouvert comme à l’origine d’écailles en zinc » précisa Thomas Martineau.

Pascal et Thomas sont fiers de montrer l'épi de faîtage qui sera posé au sommet du campanile.

Peut-on savoir pourquoi ce chantier vous a intéressés ?

« Pour nous, ce campanile peut être considéré comme une œuvre d’art. Nous avons refait récemment un campanile, beaucoup plus grand que celui-ci mais qui présente beaucoup de similitudes, à la Grande Bretèche à Tours. C’est étonnant de trouver dans un village tourangeau une pièce de cette valeur car à l’époque où il fut construit, à ma connaissance, » dit Pascal Martineau, « il n’y avait pas de couvreur capable de réaliser un tel chef-d’œuvre dans la région. Mais, si vous me dites qu’Eugène Hilarion habitait Paris, il est tout à fait possible qu’il ait commandé ce campanile à un charpentier-couvreur de Paris. »

Combien de temps a-t-il fallu pour la réalisation de cette œuvre d’art ?

Pour répondre à cette question, c’est Thomas qui prit la parole : « Pour la charpente, il faut compter deux semaines de travail et pour la zinguerie, un mois et demi à deux. Rien que pour refaire les 16 balustres, Nolan et Quentin ont mis 3 semaines. En façonnage, pour le socle, il leur a fallu aussi 3 semaines. » Et, Pascal ajouta : « Pour que l’ensemble ait une bonne tenue, nous avons évité les soudures et privilégié l’ourlage au niveau des angles. Cela donne du relief et durera beaucoup plus longtemps. »

En voyant le bel épi de faîtage qui couronnera l’œuvre une fois achevée, ce qui ne saurait tarder car la date de « début septembre » est annoncée, on est assez surpris car, vu du sol, on n’imaginait pas qu’un tel épi pouvait se trouver au sommet du campanile.  Pascal nous apprend que « pour réaliser cet épi en restant le plus près possible de ce qu’il devait être à l’origine, j’ai observé les cartes postales anciennes et, pour les parties manquantes, j’ai reproduit ce qui se faisait à l’époque de sa construction. » C’est vrai que lorsqu’il sera posé là-haut, on aura du mal à apprécier sa beauté et à imaginer sa taille réelle. Contrairement au campanile original qui ne portait aucune mention de l’entreprise qui l’avait fabriqué et installé, une plaque a été apposée sur le socle avec le nom de l’entreprise et la date de la restauration et, « un parchemin » en zinc, qui sera remis à la mairie, rappellera aux générations futures « dans au moins 150 ans » que ce superbe campanile a fait l’objet de travaux en 2017.

La plaque qui figure sur le socle de l'épi de faîtage

La plaque qui figure sur le socle de l'épi de faîtage

Une nouvelle fois, les Martineau, père et fils, et leurs apprentis, démontrent que le travail manuel peut être très valorisant et que, une entreprise locale, est capable de produire des chefs-d’œuvre. On ne peut qu’applaudir en admirant cette magnifique réalisation dont la commune peut s’enorgueillir.

Pascal Martineau présente un des 16 balustres et le "parchemin" témoin de cette restauration.
Pascal Martineau présente un des 16 balustres et le "parchemin" témoin de cette restauration.

Pascal Martineau présente un des 16 balustres et le "parchemin" témoin de cette restauration.

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commentaires

Philippe Larus 13/08/2017 12:30

Merci, Monique, pour cet intéressant article sur la restauration du campanile.
Bravo à l'entreprise Martineau pour la remise à neuf de cet élément si particulier du patrimoine de Saint-Christophe.
Eugène Hilarion aurait sans doute été très fier de l'intérêt porté à sa dotation de 1902.
Il nous tarde maintenant d'entendre à nouveau le carillon de l'hôtel de ville !

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L'histoire de St Christophe commence aux environs de l'an mil. A cette époque, les seigneurs d'Alluye y établissent une forteresse (motte féodale) visible dans l'enceinte du cimetière. Au XIe ou XIIe siècle, un donjon en pierres est alors construit et ses ruines témoignent de l'histoire du village.

 

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Ci-dessous, le coeur du village, la place Jehan d'Alluye.
 


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