Mercredi soir, 90 amateurs de l’histoire locale castélorienne ont eu le plaisir de réintégrer la salle des Récollets et d’en apprécier les changements apportés par les travaux.
Un public nombreux qui a pu découvrir l'ancien plafond des Récollets
Dès que tout le monde fut installé, Michel Benoit proposa un premier petit exposé :
L’histoire de « la salle polyvalente des Récollets ».
Elle a été créée pendant la Révolution à l’intérieur de l’église d’un couvent construit par des religieux qui s’appelaient des Récollets. Ils se sont installés à Château-du-Loir en 1616. Leur premier couvent a été détruit par un incendie. Les bâtiments actuels ont été terminés en 1755.
Pendant la Révolution, l’ensemble du couvent devient un bâtiment communal. Depuis deux siècles, la commune l’utilise pour placer des services.
Les premiers locataires ont été les gendarmes dès 1798. Ils ont occupé les salles où se trouve la bibliothèque actuelle jusqu’en 1979.
En 1803, pour installer un nouveau collège avec internat, la commune compartimenta le volume de l’église avec des planchers et des cloisons. L’espace de la salle polyvalente actuelle est occupé côté cour intérieure par des salles de classe et à l’étage un dortoir et côté rue du théâtre par un préau couvert.
En 1806, quand on créée le théâtre, le préau devient le vestibule du théâtre.
Dans les années 1920, la salle entière est exploitée comme salle de bal et de banquets. Les Anciens s’en souviennent.
Puis la commune reprend les locaux pour en faire une salle polyvalente. Depuis la fin récente des travaux, elle est devenue aussi salle du conseil municipal et salle des mariages.
Dany et Michel Benoit avec à l'arrière, le tableau du peintre Maniette
Dany Benoit prit ensuite le micro pour expliquer l’histoire de la maison d’Oscar Monéris, intéressante par son architecture et par ses habitants.
La maison, 115 rue du Val de Loir, a été construite en 1913 par un cimentier italien et les 2 caves sont particulièrement surprenantes. L’utilisation de fausses branches et faux troncs en ciment est à son apogée. Ces caves figuraient sur des cartes postales de l’époque. Les Moneris ont acheté cette maison en 1935 pour leur retraite.
Oscar Monéris et son épouse étaient des résistants qui faisaient partie du réseau du Dr Goude. Ils ont caché des parachutages d’armes dans leur cave et aussi un agent canadien et un aviateur américain dans leur maison. Ils ont été arrêtés en septembre 1943 en même temps que le Dr Goude et déportés. Oscar avait déjà été fait prisonnier à la première guerre. Au retour de déportation, il a occupé le poste de secrétaire de mairie à Vouvray et est mort à 71 ans, en 1957, à son travail, dans la mairie. La commune a donné son nom à la rue principale qui conduit au village en 1966. Il méritait bien cela ! Son épouse lui a survécu 31 ans !
Dany présentant la cave de la maison Monéris
Un troisième exposé était au programme de la soirée. C’est Nicolle Piétrin, membre du club qui présenta :
« L’histoire des bains-douches municipaux et l’entrée de la ville dans la modernité. »
Les documents présentés lors de cette intervention proviennent des archives départementales de la Sarthe, conservés sous la cote 2-O 7113. Leur étude permet de comprendre comment une petite ville sarthoise est progressivement entrée dans la modernité en offrant à ses habitants l’accès à l’eau courante, au confort et aux principes nouveaux de l’hygiénisme.
L’histoire des bains-douches municipaux illustre parfaitement cette évolution. Cet équipement public, aujourd’hui disparu, témoigne d’un changement profond des mentalités en matière d’hygiène et de progrès social. Sur plus d’un siècle, il montre comment Château-du-Loir s’est inscrit dans un vaste mouvement national visant à améliorer les conditions de vie de la population.
La mise en place de l’adduction d’eau fut une étape décisive dans cette transformation. Réalisé avec le concours de l’ingénieur Ernest Bollée, ce chantier permit de fournir une eau courante indispensable au développement des bains-douches et à l’amélioration de l’hygiène publique. Aujourd’hui encore, les habitants bénéficient de cet héritage, même si les techniques et les matériaux ont beaucoup évolué.
La disparition des bains-douches municipaux n’est d’ailleurs pas un recul, bien au contraire. Elle témoigne du progrès : l’accès à l’eau et aux installations sanitaires est désormais présent dans presque tous les foyers.
Cette histoire rappelle également le rôle essentiel du service public et de l’action municipale. Sans la volonté des maires Émile Joly puis Gaston Perrin, et sans l’engagement de leurs conseils municipaux, appuyés par les subventions de l’État, du département et par la participation de la Caisse d’Épargne, les classes populaires auraient mis plus longtemps à bénéficier d’un accès facilité à l’hygiène corporelle.
Nicolle Piétrin pendant son exposé
Le club d’histoire locale publie chaque année une brochure rassemblant les travaux de ses membres. L’intégralité de cette étude ainsi que les documents présentés lors de la conférence y seront publiés.
Les documents présentés lors de cette dernière intervention proviennent des archives départementales de la Sarthe, conservés sous la cote 2-O 7113.
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